Mizdakhan

Mizdakhan – la nécropole de la légende

Sortant des sentiers battus, on aimerait bien tourner vos regards vers la partie mal étudiée de la terre ouzbèke, vers le Karakalpakstan ou le pays des bonnets noirs. En faisant la route de Noukous à Mouïnak, on passe la ville de Khodjeïli, « la ville des hajji (des pèlerins), en traduction ». Un véritable joyau de cette ville, est l`ensemble architectural Mizdakhan . Apparue sur la route qui menait à Kougnia-Ourghench, l`une des capitales du Grand Khorezm et étendue sur les trois grandes collines, cette nécropole est une des plus anciennes de l`Ouzbékistan. Il ne s`agit pas simplement du cimetière – du lieu du dernier repos, mais de l`endroit plein de mystère et de légendes, où les pèlerins ne cessent pas venir même aujourd’hui.

La cité zoroastrienne, créée au temps de l`antiquité, repeuplée au Moyen Age, les chroniques historiques n`en parlent que`au X-ème siècle. Par la suite, Mizdakhan devient l` une des villes les plus importantes de la Horde d`or prospérant essentiellement grâce au commerce international, avant que Tamerlan la rase définitivement, lors de sa dernière campagne militaire dans le Khorezm. Son histoire a connu plusieurs montés et descentes: les destructions et les moments de la prospérité, les incendies, les razzias. Alors, petit à petit ce site s`est transformé en ville de morts dont chaque tombe est liée à la légende.

Mizdakhan est un lieu unique où l`on trouve le monument appelé une «horloge mondiale». Dès qu`on le voit, on comprend tout de suite qu`il ne s`agit pas une horloge habituelle . C`est un grand bâtiment, originalement utilisé comme la médersa, ensuite en qualité du mausolée d’un des saints locaux dont la maçonnerie perd une brique par an . D`après la légende, le jour quand la maçonnerie s’effondre complétement, viendra la fin du Monde.
On y trouve également un bizarre mausolée de Mazloumkhan – dont on ne voit que le dôme. La légende raconte que Mazloumkhan –Soulou était une fille du souverain local. Très intelligente elle avait du mal à ce choisir le mari. Poussé par son père inquiet la pauvre fille a promis de devenir l`épouse de celui qui construirait le batiment qui serait sorti de l`ordinaire. Parmi les prétendants à sa main, il y avait un jeune architecte amoureux d`elle. Alors, un architecte a fait une construction dont on ne pouvait voir que la coupole au dessus de la surface terrestre. Quand le dôme était quasiment fini le père de la princesse a demandé le constructeur de faire la preuve de son amour. Sans avoir réfléchi une seconde notre jeune est monté au sommet de la coupole et s`en est jeté ,sans doute mort par suite. La princesse amoureuse l`a suivi. Donc le dôme est resté inachevé.

Le sanctuaire de Djoumart Kassab («le boucher Djoumart») située sur le sommet oriental de la colline est un autre lieu de culte qui est nommé d`après la légende à l`honneur de l`homme riche qui, au moment de la faim, avait organisé la distribution gratuite de viande pour la population. A partir de ce moment-là, quand le cheptel diminue à cause de la maladie ou l`absence du fourrage, les bergers y amènent leurs troupeaux pour les faire tourner sept fois autour du monticule. Ce sanctuaire datant du temps de Zoroastre aide les femmes stériles qui ont la guérison à condition de rouler en bas de la colline.

Chaque personne venant dans ce site doit faire une colonne consistant de sept pierres. La quantité de pierres correspond au nombre de coupoles du mausolée de Chamoun-nabi, d`un des saints les plus vénérés de l`Asie Centrale. Il était un héros populaire, le musulman géant qui, selon la légende, est entré dans la mêlée avec les infidèles de la cité voisine Guiaour-kala (la forteresse des adorateurs du feu). Il a beaucoup aidé les gens. Après sa mort, on l`a enterré dans le mausolée à 7 coupoles. Ceci correspond au nombre de ses filles. Ainsi, quand on fait sa colonne de pierre , on adresse une demande à Chamou-nabi et le saint exhausse touts les voeux.

La princesse amoureuse et l`architecte, le Saint géant musulman ou le tombeau d`Adam- Dieu sait combien de légendes cachent encore les murs de cette cité magique qui n` a pas été encore trop incluse dans les circuits touristiques. Mais on est sûr qu`elle mérite d`être visitée non seulement comme l`un des vestiges de la Route de la soie mais aussi comme une cité qui découvre parfaitement bien toute la palette de culte religieux des peuples de l`Asie centrale.

Дата: 29.06.2017   Автор:    Категория: Articles,Blog